L’Association des Femmes Juristes de Centrafrique (AFJC) s’était constituée partie civile dans le procès d’un assistant de santé poursuivi pour le viol d’une patiente. Le 22 octobre 2026, la Cour criminelle de Bangui a rendu sa décision : treize années de travaux forcés.
Une décision attendue par l’AFJC
Dans ce dossier, l’AFJC a choisi de ne pas rester en retrait. En se constituant partie civile, l’association a pris part à la procédure aux côtés de la justice, pour que les violences sexuelles soient jugées avec la fermeté qu’elles exigent. Le jeudi 22 octobre 2026, la Cour criminelle de Bangui a condamné Alain Adoum, assistant de santé au centre de santé Grâce-à-Dieu de Gobongo, dans le 4e arrondissement de la capitale.
La Cour a retenu contre lui le crime de viol, sur le fondement de l’article 87 du Code pénal. Elle a également accordé à l’AFJC un franc symbolique de dommages-intérêts. Ce montant est modeste, mais il reconnaît à l’association sa place dans ce combat.
Une sanction plus sévère que celle demandée
Le ministère public avait demandé dix ans d’emprisonnement. Estimant les faits particulièrement graves, les juges sont allés au-delà et ont fixé la peine à treize ans.
Le déroulé des faits, tel que retenu par la Cour
Tout commence le 28 juin 2024. Une jeune femme de 19 ans, fiévreuse au lendemain des épreuves du baccalauréat, se présente au centre de santé de Gobongo pour être soignée. L’ordonnance est établie, les médicaments sont disponibles, et c’est l’assistant de santé de permanence qui est chargé de lui administrer le traitement.
Selon l’arrêt, il lui aurait alors injecté un produit somnifère, puis aurait abusé d’elle alors qu’elle était inconsciente. En se réveillant, la patiente a remarqué des traces qui l’ont alertée. Elle en a aussitôt parlé à ses parents et au personnel du centre.
Ce que dit ce verdict sur la lutte contre les violences sexuelles
Au-delà du cas jugé, cette condamnation est lue comme un message de la Cour criminelle à tous ceux qui abusent d’une position de confiance dans les structures de santé. Ces violences restent encore peu documentées en Centrafrique, et ce verdict contribue à les sortir du silence.
L’AFJC poursuivra son engagement aux côtés des victimes de violences sexuelles et pour le respect de leurs droits.



