Berbérati, Mambéré-Kadéï — Le week-end dernier, la ville de Berbérati a été le théâtre d’une initiative marquante en faveur de la protection de la jeunesse. Une trentaine de jeunes leaders et des responsables d’établissements secondaires publics et privés se sont réunis pour participer à une session de sensibilisation sur la sexualité responsable et la lutte contre les violences en milieu scolaire.
L’AFJC aux avant-postes de la protection des jeunes
Portée par l’Association des Femmes Juristes de Centrafrique (AFJC), cette activité s’inscrit dans un projet global de promotion des droits et de réponse aux violences basées sur le genre (VBG), ainsi qu’aux abus et au harcèlement sexuel. Pour Nathalie Ndombeth, cheffe du projet, l’heure est à la prévention : informer les jeunes sur leurs droits et sur les mécanismes de signalement disponibles est une priorité absolue. Elle pointe notamment l’urgence de mettre fin aux pratiques consistant à conditionner les notes ou le traitement des élèves à des faveurs sexuelles, une réalité encore trop présente dans certains établissements.
Des maux identifiés, des voix qui s’élèvent
Les échanges ont permis de mettre en lumière les facteurs qui fragilisent les jeunes : pauvreté, pressions sociales et silence imposé. Les participants ont unanimement dénoncé la manipulation des résultats scolaires en échange de relations sexuelles, une pratique qui corrompt non seulement les parcours individuels, mais aussi l’intégrité du système éducatif tout entier.
Parmi les voix les plus marquantes, celle d’Adam Zeynab, présidente des élèves du lycée Barthélemy Boganda, qui a témoigné avec courage. Elle a confirmé que de nombreuses jeunes filles subissent au quotidien des injustices liées à leur scolarité, et a lancé un appel fort à ses camarades : se protéger, ne pas se taire, et dénoncer systématiquement tout abus.
Des ambassadeurs pour un changement durable
La session s’est clôturée sur une note d’espoir et de responsabilisation. Les organisateurs ont invité chaque participant à devenir un véritable relais de sensibilisation au sein de sa communauté. Jeunes leaders et responsables scolaires ont ainsi reçu une double mission : promouvoir une sexualité responsable et ériger leurs établissements en espaces sûrs, libres de toute exploitation et discrimination.
Un pas de plus vers une jeunesse centrafricaine informée, protégée et debout.



